Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent

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Article basé sur la traduction par Magali Guenette de l’ouvrage The seven habits of effective people par Stephen R. Covey.

Écoulé à plus de vingt millions d’exemplaires et traduit dans une quarantaine de langues, l’ouvrage de Stephen R. Covey est une véritable référence dans l’univers du développement personnel et de l’auto-conditionnement positif. Il synthétise les stratégies psychologiques et les réflexes issus de plusieurs siècles de réflexion, de sagesse et de philosophie qui permettent de relever les défis professionnels et sociaux actuels sans le faire au détriment de sa vie personnelle et de son propre équilibre, et de vaincre les fléaux de nos sociétés modernes : peur et insécurité, impatience, victimisation et rejet des responsabilités, incompréhension, immobilisme, déséquilibre entre réussite professionnelle et vie privée sont autant d’écueils qui sont rarement approfondis dans les manuels de développement entrepreneurial et dont on nous dit souvent simplement qu’il faut « les éviter ». Voici comment.

Principes et paradigmes

Un véritable travail de développement personnel ne devrait pas s’appuyer uniquement sur un changement d’attitude ou de caractère et se limiter à un effort comportemental souvent artificiel, mais être le fruit d’une réelle réflexion en profondeur sur soi-même et le monde, et une révolution intérieure, impliquant une adhésion raisonnée aux principes universels et un changement fondamental de paradigme.

Réservé à l’origine au domaine scientifique, le terme « paradigme » est aujourd’hui usité en psychologie, et est synonyme de modèle conceptuel, de cadre de référence. Plus simplement, il désigne les différents facteurs de perception du monde, la façon dont nous l’appréhendons, le comprenons, l’interprétons et interagissons avec lui. Les principes sont quant à eux les vérités fondamentales, immuables, universelles et indéniables qui sont aujourd’hui tellement conceptualisées et « arrangées » en fonction des besoins qu’elles en perdent en signification : l’honnêteté, la franchise, l’intégrité… Les principes ne sont pas des actions, ils sont les éléments qui sous-tendent nos paradigmes et motivent nos actions (ou notre mal-être lorsque nos actions ou nos paradigmes les contredisent). Imaginez par exemple que vous deviez vous rendre à un endroit de Paris, que vous n’avez jamais visitée, à l’aide d’une carte. Métaphoriquement, Paris, sa réalité, ses rues, sont le principe immuable à l’origine du paradigme et de votre présence, et la carte est le paradigme de votre action de vous rendre dans tel quartier ou de trouver tel monument, la « théorie » de Paris et votre source unique d’appréhension de la ville. Si toutefois une erreur au départ fait que le plan dont vous disposez est celui de Lyon ou de Nantes, ou que vous vous trouvez en réalité à Lyon ou à Nantes avec un plan de Paris, vous pourrez avoir l’attitude, le caractère ou la personnalité les plus positifs et maîtrisés qui soient, la carte pourra être la plus complète et la plus « efficace » imaginable, vous ne parviendrez pas à l’endroit recherché, sans jamais comprendre pourquoi et en souffrant de ce que vous percevrez comme une insuffisance de votre part (« je suis incapable de lire un plan » plutôt que de remettre en cause le plan lui-même ou la ville où vous avez été déposé) ou une agression extérieure (« c’est la faute de l’imbécile qui m’a fourni le plan ou qui m’a déposé » plutôt que d’en chercher un adéquat ou d’identifier où vous vous trouvez). Nos habitudes sont une part importante de la construction de nos paradigmes, et sont le point de rencontre de la connaissance, du savoir-faire et du désir, autrement dit du pourquoi faire, du comment faire et du vouloir faire. Les notions de faire et de voir sont interdépendantes, ce que je fais influençant ma façon de voir le monde et la façon dont je vois le monde influençant ce que je fais, ce que je veux faire et comment je le fais.

Un changement de paradigme exige un effort considérable, régulier et durable. C’est la première vérité à assimiler. Vous acceptez sans problème le fait que si vous décidez aujourd’hui de devenir champion de tennis, vous ne pourrez demain, malgré toute la bonne volonté du monde et quel que soit votre degré de conditionnement à vous convaincre que vous en êtes capable et que cela va arriver, battre pour de bon un vrai champion sur le court. De même si vous vous prenez de passion, même sincère et motivée, pour la physique quantique, vous ne fabriquerez pas demain un collisionneur. Ce que nous acceptons des réalités physiques et intellectuelles, pourquoi est-il si difficile de l’accepter de l’apprentissage émotionnel et psychologique ? Il n’existe pas de recette miracle permettant de sauter les étapes, permettant de révolutionner sa façon de voir le monde pour ensuite améliorer ses relations, son attitude, son caractère. Un conditionnement purement comportemental (sourire, écoute, expression, motivation…) ne saurait que faire illusion un temps mais ne sera en aucun cas suffisant à véritablement devenir la personne que vous souhaitez être, voire se révèlera à moyen terme négatif pour votre psyché en glissant vers une rupture avec les principes qui devraient motiver ces changements et en faisant de vous un hypocrite ou un manipulateur. Pour tout problème, le vrai problème est la façon dont nous percevons le problème. Sa résolution passe donc par un mouvement de l’intérieur (habitudes 1 à 3) vers l’extérieur (habitudes 4 à 6), puis par la synergie de ces deux facettes d’un même changement de paradigme et l’entretien de ces nouvelles perceptions (habitude 7).

La victoire intérieure

La victoire privée va tout entière se fonder sur un équilibre entre Production (P) et Capacité de Production (CP), « production » étant ici entendu au sens large, c’est-à-dire entre ce que je peux faire, créer, provoquer, dans mon travail et matériellement mais également dans mes relations avec mon entourage, et « l’outil » de production, c’est-à-dire moi. Ce concept peut être illustré par le fameux conte de la poule aux œufs d’or, dans laquelle le paysan impatient et inconscient du réel trésor qu’il a entre les mains, bouscule et maltraite la poule (capacité de production) dans l’espoir de la faire pondre plus, plus vite, et finit par l’éventrer pour récupérer l’ensemble des œufs (de la production) d’un coup. Bien évidemment la poule est vide, et le paysan perd à la fois sa production à venir et sa capacité de production.

Habitude 1 : Être proactif

Il existe trois paradigmes communément acceptés censés « expliquer » la nature humaine et justifier nos travers : le déterminisme génétique (mon grand-père était irascible, je tiens mon mauvais caractère de lui, ou je suis français, les Français sont râleurs, c’est dans mes gènes, je ne peux rien y faire), le déterminisme psychique (j’ai eu telle ou telle éducation, ou vécu tel ou tel évènement dans mon enfance ou dans mon adolescence, cela me définit et détermine mon moi actuel, je ne peux rien y faire) et le déterminisme social (ma naissance, ou mon mariage, ou ma position dans le marché du travail, ou la conjoncture économique, ou la politique de mon pays, sont responsables de ce que je suis et je ne peux rien y faire). Ces paradigmes « victimaires » expliquent en réalité la tendance globale à la réactivité plutôt qu’à la proactivité, dans le monde professionnel comme dans tous les autres aspects de la vie.

La notion de « proactivité », souvent mentionnée dans les manuels de management, recouvre bien plus qu’une simple prise d’initiative et repose sur le principe de responsabilité qui va à l’encontre de ces trois paradigmes, « responsable » en son sens propre signifiant « capable de réponse ». Car si en effet on n’a de prise ni sur ce qui a été vécu, ni sur certaines émotions, la réponse apportée à ces stimuli est en revanche soumise à notre liberté de choix : je ne peux pas décider de ne plus être amoureux d’une personne toxique, mais je choisis de rester sous son emprise ou de m’en séparer. Le changement de paradigme permettant d’acquérir l’habitude de la proactivité va donc se fonder sur la concentration, pour chaque aspect « non maîtrisé » de sa situation, sur cette liberté de choix quant à la réponse à apporter, liberté s’appuyant sur quatre mécanismes à reconnaître et à développer :

– la conscience de soi

– l’imagination

– le sens moral

– la volonté

La proactivité suppose donc une conscience aigüe de sa liberté de choix et de sa responsabilité, permettant une anticipation et une constance des réponses indépendamment des facteurs extérieurs et des émotions. Un réactif se laisse piloter par ses impressions, son environnement, les circonstances, tandis que le proactif, s’il est toujours soumis à ces mêmes stimuli, préprogramme ses réponses en fonction d’une réflexion sur ses valeurs et ses principes et n’en dévie pas, quels que soient les éléments auxquels il est confronté.

Il s’agit donc d’agir plutôt que de réagir, dans la double perspective de maîtriser et choisir notre réponse face aux circonstances négatives et surtout de provoquer les circonstances positives et pas seulement de les espérer. Les situations et évènements négatifs peuvent tous sans exception être classés dans une de ces trois catégories :

– directement contrôlables (mettant en jeu ou dépendant de notre propre comportement)

– indirectement contrôlables (mettant en jeu ou dépendant de comportements extérieurs)

– incontrôlables (sur lesquels nous n’avons réellement aucune prise, comme la maladie ou notre passé).

Il est donc important de faire un bilan de ses difficultés actuelles, et d’identifier la catégorie réelle à laquelle elles appartiennent. Pour la première, à l’évidence la solution est à portée de main. Pour la troisième, l’acceptation et l’assimilation sont la seule réponse proactive qui permettra d’éviter de se battre contre des moulins à vent et de saper son énergie dans un refus absurde de la réalité. La seconde catégorie est la plus difficile à maîtriser, du fait des paradigmes déterministes que nous avons évoqués, mais peut être gérée par un recentrage sur sa zone d’influence plutôt que sur son cercle de préoccupation. Cela permet notamment de réaliser que si « ma situation est fonction du comportement d’un autre » (patron désagréable, épouse impatiente, amis ou collègues déloyaux…), l’autre justifie sans doute son comportement par le mien, ramenant ainsi la situation à la première catégorie qui est de ma responsabilité. Attention, il ne s’agit pas de s’accabler de « fautes » imaginaires excusant les comportements négatifs de l’autre, mais de savoir se concentrer d’abord sur sa propre attitude et sa propre perception du monde afin de s’accommoder voire de tirer avantage des travers de cet autre, ce qui l’entraîne malgré lui dans ma spirale positive et peut à long terme modifier son comportement problématique sans même que ma démarche ait visé ce but. Évitez les postures de défense et d’attaque et préférez-y la réflexion et l’analyse. Bannissez les formules passives ou victimaires de vos préoccupations (si je pouvais, je suis obligé…) et remplacez-les par une prise d’acte de vos responsabilités (tout ce que je fais et dis est un choix, même lorsqu’il semble que je n’ai « pas le choix ») et de vos engagements (je peux faire donc je vais faire).

Habitude 2 : Visualiser ses objectifs

Il est impératif d’avoir une vision claire et précise de ce que vous voulez. Vous ne vous lanceriez pas dans la construction de votre maison sans en avoir au préalable déterminé les plans détaillés, vous ne valideriez pas ces plans sans y avoir réfléchi pour chaque pièce, chaque décision (emplacement, type de chauffage, matériaux…). Il en va de même d’un plan de vie. Vous devez avoir à l’esprit, très exactement, ce que vous souhaitez accomplir et atteindre, et le pourquoi de ce souhait ou de cette ambition. Vous devez interroger ce projet à la lumière de vos valeurs et principes, en tester l’adéquation et la solidité, et vous assurer qu’il s’agit bien de votre vision et non d’une quelconque image d’Épinal dictée par une mode, la pression sociale ou votre refus d’admettre vos propres désirs (suis-je devenu médecin parce que c’était mon objectif intime dicté par ma passion du service et ma volonté de sauver ou à tout le moins d’améliorer des vies, ou parce que mes parents / mes professeurs voulaient cette carrière pour moi / parce que c’est prestigieux / parce que les revenus et la reconnaissance sociale y sont supérieurs à ceux de ma véritable passion qui était l’ébénisterie ou la pâtisserie…). Il est ainsi fondateur de prendre le temps de rédiger un « énoncé de mission », c’est-à-dire de mettre à plat ses objectifs de vie, professionnels comme personnels, sa vision et les principes et valeurs qui la régissent, de se créer une « constitution » personnelle qui aura valeur de texte de référence et de loi pour chaque étape et décision de notre vie. Un bon exercice, souvent proposé dans ce cadre de réflexion, et toujours intéressant au support d’une analyse lucide et honnête, est d’imaginer son décès, et ce que les gens diront de nous dans nos éloges funèbres. En effet la radicalité de ces circonstances définitives permet d’envisager l’essentiel et d’épurer nos vraies valeurs et espoirs : que voudrions-nous entendre de nos enfants et conjoints, amis, confrères, employés, concurrents, voisins ? Un énoncé de mission honnête et équilibré tient compte des axes principaux et sous-axes au centre de notre vie :

– famille (relation amoureuse, parentale, filiale)

– travail (ambition, revenu, position)

– relations (amitié, inimitié, mentors, disciples)

– spiritualité (religion, philosophie)

Un réel équilibre s’exprime lorsqu’aucun de ces axes ne nuit aux autres, et que celui ou ceux qui prédominent à nos décisions ne le font pas au détriment de nos valeurs, ce qui peut se mesurer à l’aune de quatre principes qu’une bonne décision, un bon comportement, un bon choix renforcent en nous :

– la sagesse (cette décision / cet objectif sont-ils raisonnables ? Me rendront-ils plus conscient, meilleur ?)

– l’assurance (suis-je intimement convaincu que cette décision / cet objectif sont justes et mériteront d’être défendus s’ils sont contestés ?)

– la force (serai-je fier d’accomplir cet objectif / de prendre cette décision ? Me rendront-ils plus fort ou plus vulnérable ?

– l’autodétermination (est-ce vraiment ce que je veux ? Est-ce bien moi qui veux ?)

Habitude 3 : Hiérarchiser les priorités 

Cette troisième habitude est l’actualisation, l’application concrète des deux premières. Après avoir pris conscience de sa responsabilité et de sa liberté de choix, et avoir défini clairement ses valeurs et objectifs, il s’agit de commencer à les appliquer dans sa vie réelle, dans son travail, dans son environnement familial, sans se décourager et retomber dans le déterminisme. Si l’imagination, le sens moral et la conscience de soi étaient les trois principales qualités à renforcer pour acquérir les deux premières, c’est désormais la volonté, et son pendant la discipline, qui vont entrer en jeu pour acquérir la troisième.

L’organisation des priorités s’inscrit concrètement dans votre méthode de gestion du temps. Chaque tâche ou activité s’inscrit dans un cadre parmi les quatre suivants :

– Cadre 1 : urgent et important

– Cadre 2 : important mais pas urgent

– Cadre 3 : urgent mais pas important

– Cadre 4 : pas urgent et pas important

L’une des principales difficultés, dans sa vie professionnelle comme dans sa vie personnelle, est que les cadres 1 et 3 ont tendance à prendre le pas sur le cadre 2 qui doit pourtant devenir le centre de l’organisation. La première étape va ainsi d’abord être de classifier les tâches prévisibles, régulières ou pas, et de les affecter à la catégorie qui leur correspond vraiment en se fondant sur l’importance plutôt que sur l’urgence. Un appel téléphonique par exemple est souvent perçu comme une urgence immédiate et interrompt régulièrement des tâches réellement importantes pour des motifs qui auraient finalement pu attendre. L’étape suivante va être de réduire le cadre 1 (les vraies urgences) en acceptant de renoncer aux tâches des cadres 3 et 4, même lorsqu’elles relèvent du plaisir ou de la facilité (cela n’est ni urgent ni important mais telle tâche importante est vraiment difficile alors que celle-ci me plaît, c’est toujours mieux que de rien faire), et d’apprendre soit à les déléguer, soit à les éliminer, afin de récupérer des créneaux pouvant être consacrés au cadre 2. Ce cadre 2 en effet contient l’ensemble des résolutions que vous avez prises, l’ensemble des activités et tâches définies en fonction de vos principes – bref, l’ensemble des preuves de votre proactivité, des choses importantes mais qui « peuvent attendre » et que l’on remet donc toujours à plus tard (formation, approfondissement des relations, remise en forme…). En vous concentrant sur ce cadre 2, en déléguant ou supprimant les éléments des cadres 3 et 4, en planifiant précisément vos journées, vos semaines, en fonction de l’importance et non de l’urgence, le cadre 1 se réduira de lui-même et l’urgence deviendra plus épisodique et plus facilement gérée, vous laissant une marge de manœuvre lorsqu’elle se produit et même du superflu pour les activités de cadre 4 qui vous font plaisir à l’occasion. Votre volonté et votre discipline sont vos armes pour appliquer et faire appliquer cette organisation qui de possiblement contraignante à première vue, deviendra votre principal atout et votre source ultime de liberté de choix, ces systèmes ne devant pas se cantonner à votre environnement professionnel mais devenir des réflexes et une attitude valable chaque jour, également dans votre vie privée. La revue Coaching Pro proposait notamment dans son numéro 5 un approfondissement sur ces thèmes de l’organisation efficace, de la gestion des priorités et de l’art de déléguer.

On peut résumer les trois habitudes de la victoire privée avec la métaphore de la maison :

– l’habitude 1, « être proactif », est l’étape de reconnaissance que mon logement actuel ne me correspond pas, qu’il est trop cher, ou délabré, ou insalubre, que j’en suis responsable puisque je fais le choix d’y vivre jusqu’à présent et que son défaut d’entretien m’incombe même si le montant de son loyer n’est pas décidé par moi, mais que ce n’est pas une fatalité puisque c’est un choix, et que je décide qu’il est temps d’arrêter de louer et d’avoir ma propre maison. J’analyse la possibilité concrète de faire bâtir, les mesures à prendre si mes moyens actuels ne le permettent pas, et commence à régler et à anticiper mes décisions et actions en fonction de cet objectif. Je catégorise lucidement les obstacles et me concentre sur ce que je peux influencer.

– l’habitude 2, « visualiser mes objectifs », est l’étape des plans. Je réfléchis à l’organisation de l’espace de ma future maison, à son agencement, sa décoration, dans les moindres détails. Je valide les plans lorsqu’ils correspondent exactement à qui je suis, moi, à mes attentes et à ma conception personnelle de ce que doit être une maison où l’on peut être heureux, sans me laisser distraire ou influencer par ce que les autres vont en penser, comment leur propre maison est construite etc.

– l’habitude 3, « hiérarchiser mes priorités », est l’étape de la construction, de la mise en route puis de la surveillance du chantier, des ajustements nécessaires entre le plan et la réalité du terrain tout en maintenant mon exigence et le cap qui a été déterminé, et en hiérarchisant les priorités et la chronologie (on n’accroche pas les tableaux au mur alors que le sol n’est pas encore carrelé, on installe lit et gazinière avant bibelots…).

La victoire publique

Une fois la maison achevée, il est temps d’y habiter et surtout, d’y cohabiter. Une fois la victoire indépendante, personnelle remportée sur soi-même, une fois appliqué l’équilibre P/CP à soi-même, il est ainsi temps d’appliquer ce changement de paradigme à notre interaction, notre interdépendance avec le monde, qui passe par nos relations avec les autres (patients, confrères, mais également famille, amis, concurrents…). Ce nouveau paradigme va se fonder sur l’attention à l’autre, que l’on peut visualiser comme un « compte », sur lequel on verse ou duquel on retire des éléments à chacune de nos interactions. L’équilibre P/CP va consister à gérer ce compte de façon à ce que son solde soit toujours positif même en période difficile, par des versements réguliers de :

– compréhension

– petites attentions

– promesses tenues

– intégrité

– expression claire des attentes ou problèmes…

et une économie de retraits inutiles comme les petites mesquineries, la rancœur, les préjugés, les arrière-pensées…

Habitude 4 : Penser en termes de « gagnant/gagnant »

Il s’agit ici de prendre conscience que ma réussite n’implique pas nécessairement l’échec de l’autre, et que la réussite de l’autre n’est pas synonyme d’échec pour moi. La « mentalité d’abondance » à acquérir pour réaliser le paradigme « gagnant/gagnant » consiste à se rendre compte qu’il existe suffisamment de ressources pour satisfaire tout le monde. Penser gagnant/gagnant, c’est rechercher dans chaque interaction la forme, la solution ou l’accord qui permettra aux deux parties d’être satisfaites et de ressentir l’échange comme une victoire : médecin / patient, supérieur / employé, parent / enfant, cette habitude ne se cantonne pas au monde de l’entreprise et à la vie professionnelle même si elle y est particulièrement recommandée et efficace. En effet, il est primordial que vos interlocuteurs soient conscients de ce paradigme, que vos patients, collaborateurs, proches, que même vos concurrents sachent que vous accordez autant de valeur à leur satisfaction qu’à la vôtre, que la vôtre même passe nécessairement par la leur. Négociations et gratifications doivent ainsi être pensées en termes de « gagnant/gagnant », et le bénéfice de l’autre doit être intégré à ma conception de « réussite personnelle ». La question de ce que l’autre tire (de ma décision, de cet échange, de ce plan de traitement, de cette règle, de ce système) doit être d’importance égale à celle de savoir ce que moi j’en retire, et l’équilibre P/CP respecté.

C’est une habitude qui demande également un certain courage, puisque ce paradigme ne peut aller de pair qu’avec une capacité à renoncer à un accord, à une négociation, à un échange, à une décision si cet équilibre ne peut être atteint, si l’une des parties en ressortira nécessairement frustrée ou insatisfaite, même s’il s’agit de l’autre partie et non de vous, une victoire déséquilibrée pouvant représenter un retrait important, voire un découvert sur votre « compte affectif » en termes de rancœur, de rancune, de démotivation, de revanche…

Habitude 5 : Comprendre avant de vouloir être compris

En tant que dentiste, prescririez-vous une intervention, un appareil, un plan de traitement avant même d’avoir examiné la bouche de votre patient ? En lui disant que ce traitement vous a beaucoup aidé, et qu’il est donc nécessairement approprié à son cas ? Non, bien sûr. C’est pourtant l’attitude, le paradigme adopté par la plupart d’entre nous dans le cadre de nos échanges. Nous jugeons a priori et en fonction de nous-même, de notre vécu, de nos opinions, ce que l’autre nous dit. Nous passons plus de temps à réfléchir au moyen d’être entendu et compris de nos patients, enfants, conjoints, employés, qu’à les entendre et tenter d’appréhender réellement leur point de vue. Cette habitude à acquérir peut se résumer à la phrase : « diagnostiquez avant de prescrire ». Et pour ce faire, il faut concentrer ses efforts sur une réelle écoute, qui vise à comprendre ce que l’autre nous dit et pas seulement à préparer ce que nous allons pouvoir dire pour lui faire partager notre point de vue. Cela implique une réelle empathie, et une sincérité dans l’écoute. Les techniques de reformulation, de questionnement et autres méthodes communicationnelles souvent préconisées dans le domaine de la vente ou de la négociation n’ont aucune valeur si elles ne sont que cela, des méthodes visant une fois encore à recentrer l’échange sur vous, votre point de vue et vos objectifs. Une écoute de qualité sert le paradigme gagnant/gagnant, puisqu’en se sentant mieux compris, vos interlocuteurs seront plus à l’aise, plus en confiance et plus enclins à tenter de vous comprendre à leur tour. Ils exprimeront mieux leurs besoins, vous permettant d’y apporter une réponse adaptée mais surtout désirée, et non vécue comme imposée.

Habitude 6 : Créer et exploiter une vraie synergie communicative

La « synergie » entre plusieurs éléments signifie la création d’un « tout » composé de ces éléments qui devient une entité autonome plus importante, plus « valable » que la somme de ses parties. Un gâteau par exemple est la synergie d’œufs, de beurre, de farine, d’un four, d’un batteur etc., qui pris individuellement ont une valeur en soi mais dont la synergie dépasse l’individualité de chaque ingrédient ou objet entrant dans la réalisation de la composition. Un œuf cru peut être perçu par vous comme « mauvais » au goût, mais permet pourtant de réaliser une excellente mousse au chocolat. Créer une « synergie communicative » plutôt qu’une simple « relation » permet de fonder une entité solide, autonome, et va ainsi consister à collaborer plus qu’à diriger ou influencer pour parvenir, dans un objectif commun, à un résultat positif dépassant ce que les intervenants pourraient accomplir individuellement. La synergie tient compte des différences de chacun sans jugement de valeur (l’œuf cru n’est pas « mauvais », il est cru) et remplace également la notion de « compromis », souvent dommageable pour les deux parties, par la recherche de solutions nouvelles, d’une « troisième voie » entre deux solutions insuffisamment satisfaisantes, puisqu’il ne s’agit pas de dissoudre les forces de chacun dans une voie médiane mais de créer un élément nouveau avec ce que chacun apporte de meilleur. En appliquant les habitudes 4 et 5, ce nouveau paradigme deviendra naturel, puisque la synergie est à la fois la concrétisation d’une dynamique « gagnant/gagnant » et le fruit d’une écoute attentive, d’un effort de compréhension et d’une communication empathique entre les parties. Ainsi vos relations avec votre équipe, votre famille, votre groupe d’amis, votre patientèle doivent être perçues comme synergies de vos individualités et dépasser les différences conceptuelles ou hiérarchiques venant nuire à cette harmonie en maintenant la division entre les parties plutôt qu’en les intégrant à ce tout qui les dépasse.

La spirale ascendante

Habitude 7 : Aiguiser ses facultés

En conclusion, la septième et dernière habitude va représenter l’entretien et la pérennité des six premières. Le nouveau paradigme, le nouveau prisme à travers vous expérimentez le monde, n’est pas une « nouvelle attitude » figée mais ce perpétuel mouvement de l’intérieur vers l’extérieur dans une dynamique toujours ascendante, qui doit être maintenue et renforcée tout au long de la vie, enrichie de nouvelles expériences, de nouvelles synergies, de nouvelles améliorations et d’une perpétuelle remise en question. Il est important de toujours renouveler vos outils de capacité de production, de prendre le temps de les aiguiser. Ce n’est pas parce que la scie que vous avez acquise est de qualité supérieure qu’elle ne s’usera jamais, et s’obstiner à scier du bois alors que l’on constate que le travail avance de moins en moins, que les tranches sont de moins en moins lisses, est une perte de temps et d’énergie, tandis que prendre l’heure nécessaire à l’aiguiser et la nettoyer pourra permettre de revenir à son rythme précédent avec moins de fatigue et d’incompréhension. Lorsque la scie s’use, ce n’est pas sa qualité qui est en cause mais le soin que nous apportons à son entretien. Il en va de même de notre propre capacité à prendre soin de nos quatre composantes fondamentales que sont le physique, le mental (intellectuel), le spirituel et le social (émotionnel). La réévaluation permanente de nos systèmes professionnels, de nos habitudes d’hygiène et de bien-être, de nos relations avec nos proches, même lorsque ces éléments se sont révélés bénéfiques jusque-là, et leur mise en perspective régulière avec « ici » et « maintenant », sont indispensables au réajustement et à l’adaptation de ceux-ci à chaque évolution de notre vie et de notre être. Un certain régime alimentaire par exemple, même sain et profitable durant plusieurs années, peut devenir inapproprié si des carences sont développées avec le changement d’âge. La qualité, la valeur de vos habitudes n’est ainsi pas en cause, mais s’obstiner serait absurde voire dangereux et il est temps dans cet exemple de repenser votre alimentation en fonction des nouvelles informations physiques qui se présentent. Il en va de même de chaque aspect de votre vie, et de chacune des habitudes que vous avez développées. La formation continue, la réévaluation de vos méthodes, les bilans de vie, de mission, d’objectifs à intervalles réguliers sont autant de moteurs de survie et de renforcement de ces habitudes dans ce mouvement ascendant qui alterne apprentissage, engagement et action, réapprentissage, réengagement et nouvelle action etc. afin de maintenir un équilibre durable et une réussite qui ne soit pas seulement matérielle et temporaire, mais bien globale et profonde.

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