The White Coat Investor

James M. Dahle, The White Coat Investor, A Doctor’s Guide to Personal Finance and Investing, 2014,

 

 

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Une situation de moins en moins confortable pour les médecins

La représentation classique voulant que les médecins soient forcément riches est de moins en moins vraie. En effet, même si leur situation reste souvent enviable par rapport à d’autres professionnels, ils sont de plus en plus pris en étau entre différentes contraintes financières et ont une vie moins confortable qu’auparavant.

Dans beaucoup de pays, et notamment aux États-Unis, les frais de scolarité pour devenir médecin sont de plus en plus élevés. Ces augmentations amènent les aspirants médecin à emprunter de plus en plus d’argent pour financer leurs études, alors que les taux d’intérêts des prêts étudiants augmentent fortement (ils sont passés de moins de 1 % il y a environ 20 ans à 7 % en moyenne aujourd’hui), voire à emprunter en plus de leurs emprunts étudiants à des taux encore plus élevés. En 2013, la dette moyenne d’un étudiant en médecine américain était de 204 995 $, un chiffre 31 % plus élevé que la dette moyenne de 2007.

Les jeunes médecins qui débutent donc leur carrière avec des dettes importantes à rembourser vont aussi toucher des revenus moins importants que leurs prédécesseurs. Si l’on prend en compte le coût de la vie, les médecins ont en effet vu leurs revenus baisser en moyenne de 7 % entre 1995 et 2003, tendance renforcée par le fait que de plus en plus d’entre eux choisissent le statut de salarié plutôt que de s’installer à leur compte.

Parallèlement, les risques légaux et financiers ne cessent d’augmenter dans un monde de plus en plus procédurier. Les assurances professionnelles médicales coûtent de plus en plus cher et la législation encadre de plus en plus les tarifs. Les petits cabinets ont donc de plus en plus de mal à s’en sortir et beaucoup de médecins préfèrent la sécurité des carrières salariées en hôpital ou en gros cabinet.

La médecine, comme le droit, n’est plus une carrière qui garantit forcément la richesse à ceux qui la choisissent. Il est évidemment toujours possible de vivre très correctement en étant médecin, mais ceux qui veulent s’assurer une vie et une retraite confortables ne peuvent pas se contenter de percevoir leurs revenus et vont devoir s’investir et apprendre à gérer leur argent.

Fixer ses objectifs

Malgré les difficultés évoquées plus haut, les médecins peuvent encore prétendre à des situations financières tout à fait enviables. La première étape pour atteindre le confort financier est de se fixer soi-même des objectifs. Être millionnaire à 40 ans est un objectif tout à fait atteignable si l’on met en place un plan financier pendant ses études de médecine.

La première chose à faire est de calculer la valeur de son patrimoine. Il s’agit d’ajouter la valeur de toutes ses possessions (immobilier, épargne, investissements divers) et de retirer à ce total les dettes qu’on possède. Il s’agira ensuite de surveiller très sérieusement la progression de ce patrimoine et de mettre en place un plan pour s’assurer qu’il progresse à un rythme suffisant.

La clé pour parvenir à faire augmenter son patrimoine est de convertir une part importante de ses revenus en investissements, pour qu’ils continuent de travailler et de rapporter de l’argent. Un dollar apporté par un investissement rapporte plus qu’un dollar de revenu, qui sera plus fortement taxé. Il faut comprendre que la clé pour augmenter son patrimoine et pouvoir se mettre rapidement à l’abri financièrement est de dépenser raisonnablement et d’épargner beaucoup. Un médecin ne devrait jamais vivre au-dessus de ses moyens et devrait vivre bien en dessous tant qu’il n’a pas suffisamment d’argent épargné pour subvenir à ses besoins en cas de baisse ou de disparition de ses revenus. L’argent n’est évidemment pas la chose la plus importante dans la vie, mais mal le gérer peut rendre la vie impossible.

Devenir millionnaire

Pour beaucoup de gens, être millionnaire est synonyme d’être riche. Pourtant un million de dollars ne représente plus grand-chose aujourd’hui. Quand on s’intéresse aux profils des millionnaires, on se rend compte qu’ils ont des niveaux de vie tout à fait normaux. Ils ne sont pas riches au sens où ils font des dépenses extravagantes et peuvent arrêter de travailler du jour au lendemain. Au contraire, ce sont plutôt des gens qui ne dépensent pas des sommes folles, mais mettent beaucoup d’argent de côté et investissent.

Les médecins sont sous-représentés chez les millionnaires, car ils ne savent généralement pas convertir leurs hauts revenus en patrimoine. Beaucoup de médecins dépensent beaucoup trop et essaient de correspondre aux attentes sociales, de donner l’impression qu’ils ont réussi, en ayant des niveaux de vie beaucoup trop élevés pour leurs revenus. Le coût de la scolarité et la longueur des années d’études les empêchent d’épargner tôt dans leur vie et les retardent par rapport à d’autres professions dans l’accumulation de patrimoine. Par ailleurs ils investissent rarement le temps nécessaire à la gestion de leur argent, ayant des métiers très prenants, et se tournent souvent vers des conseillers financiers spécialisés pour les professions médicales, plus chers que la moyenne et pas forcément plus compétents.

On peut déterminer grossièrement le patrimoine que devrait avoir accumulé un médecin à un instant T en utilisant la formule suivante : revenu x nombre d’années en tant que praticien x 0,3.

Pour fixer des objectifs de montant de patrimoine à atteindre, il faut considérer qu’arrivé à la retraite, on considère qu’on ne peut retirer que 4 % du montant de son patrimoine par an sans le faire diminuer. Un millionnaire pourra donc toucher à peu près 40 000 dollars par an en conservant son patrimoine. On comprend donc que les médecins qui veulent se préparer une retraite correcte doivent prendre de bonnes habitudes le plus tôt possible et commencer à épargner très rapidement après la fin de leurs études.

Penser à son patrimoine dès l’école de médecine

Les études de médecine sont à la fois très coûteuses et très longues. En ce sens, elles sont un double handicap pour la construction d’un patrimoine. Elles doivent réellement être perçues comme un investissement et les aspirants médecins doivent surveiller beaucoup d’aspects s’ils veulent rattraper le retard qu’ils auront à l’issue de ces études par rapport à beaucoup d’autres professions. Le premier aspect à prendre en compte est de ne pas retarder son entrée dans la vie active.

Certaines personnes décident de prendre une année avant leur entrée en école de médecine pour préparer leur dossier, l’améliorer et diversifier leurs expériences. Ce choix peut se justifier d’un point de vue personnel, mais il est pénalisant sur le long terme puisqu’il fait perdre une année avant d’atteindre un revenu suffisant pour épargner. La meilleure solution reste d’essayer d’entrer en école de médecine le plus tôt possible. Pour être sûr d’être accepté dans une école de médecine, plusieurs techniques existent : s’inscrire le plus tôt possible, s’assurer que son inscription soit parfaite (y compris au niveau de l’orthographe), candidater pour des écoles dans lesquelles on a de bonnes chances d’entrer, inclure au moins quelques écoles moins exigeantes avec de bonnes statistiques d’acceptation et déposer suffisamment de candidatures pour que la chance puisse jouer (un élève normal devrait par exemple candidater dans une quinzaine d’écoles).

Il ne faut pas surestimer l’importance de l’école dans laquelle on obtient son diplôme sur sa carrière. La plupart des patients ne demandent pas dans quelle école un médecin a été et mis à part pour certains postes académiques, les employeurs ne le font pas non plus. L’internat est beaucoup plus déterminant. Les candidats ayant le choix entre plusieurs écoles devraient donc rationnellement choisir la moins chère et commencer leur carrière avec la dette la moins importante possible.

Enfin, prenez en compte le niveau et le rythme de vie que vous souhaitez avoir au moment de choisir votre spécialité. Vos centres d’intérêt et votre envie doivent bien sûr être les premiers moteurs de vos choix, mais les revenus et les contraintes peuvent être très différents selon les spécialités choisies et il vaut mieux avoir fait son choix en connaissance de cause.

Financer ses études

Les études de médecine coûtent cher et plusieurs options existent pour réduire les coûts et couvrir les frais de scolarité. Pesez bien le pour et le contre avant de choisir l’une de ces options, car elles ont toujours des contreparties qui peuvent jouer sur votre carrière et vos revenus.

Certaines écoles proposent des programmes de financement et prennent en charge les frais de scolarité des étudiants prêts à continuer la recherche jusqu’au doctorat. Ces programmes peuvent être intéressants pour les personnes réellement intéressées par la recherche, mais n’oubliez pas qu’ils représentent de longues années d’études supplémentaires qui peuvent peser lourd personnellement et financièrement. Les frais de scolarité peuvent aussi être pris en charge par l’armée dans le cadre de certains programmes où le futur médecin s’engage à servir quelques années ou par l’État américain dans le cadre des National Health Service Corps. Ces programmes représentent un réel engagement et des années de salaire inférieur à ce qu’on peut obtenir dans le privé, ils ne sont donc pas à prendre à la légère. Certains hôpitaux ou certaines régions, enfin, offrent de rembourser une partie de l’emprunt en échange d’une installation locale. N’oubliez pas qu’ils ont besoin de le faire, car ils ne sont pas suffisamment attractifs.

Si ces solutions ne vous conviennent pas et que vous optez pour le prêt étudiant, plusieurs solutions de remboursement existent. Certains sont remboursables au prorata de vos revenus sur 10 ans (si vous n’avez pas tout remboursé à ce moment-là, la dette est effacée). Vous avez donc tout intérêt à rembourser peu voire le moins possible. Pour les plus classiques, qui doivent être remboursés dans leur intégralité, il vaut mieux au contraire rembourser le maximum de la dette dans les premières années de travail, quitte à vivre avec le niveau de vie que vous aviez en tant qu’interne.

Apprenez à vivre frugalement et à économiser le plus possible pendant vos études. Tout ce que vous achetez avec de l’argent emprunté vous coûte des intérêts en plus de la somme initiale, et si vous n’arrivez pas à tenir votre budget entouré de camarades aussi pauvres que vous vous n’arriverez pas à le tenir plus tard.

Être interne résident et s’en sortir financièrement

L’internat est bien sûr avant tout une période pendant laquelle vous devez vous concentrer pour devenir un bon médecin, mais certaines décisions peuvent vous permettre de prendre la bonne route financière dès cette période et changer radicalement votre vie.

N’achetez pas de maison avant d’avoir un poste stable dans lequel vous resterez plusieurs années. L’entretien d’une maison coûte cher et en tant qu’interne vous n’aurez pas le temps de vous en occuper. Par ailleurs, vous perdrez de l’argent en revendant trop rapidement après l’achat et vous pourrez négocier un emprunt bien plus avantageux en ayant un apport conséquent une fois votre internat terminé.

Assurez-vous contre les aléas de la vie dès votre internat. Un accident pourrait vous empêcher de poursuivre votre carrière et avoir un poids déterminant dans votre vie. Pensez aussi aux gens qui dépendent de vous et prenez une assurance vie le plus rapidement possible. Enfin, une fois ces assurances prises, créez un fond et mettez de l’argent de côté pour gérer les imprévus.

L’internat n’est certainement pas la période où vous mettrez le plus d’argent de côté, mais il est important que vous preniez cette habitude dès vos premiers salaires. Pour vous aider, mettez de l’argent de côté dès que vous touchez votre salaire et apprenez à vivre avec ce que vous vous êtes laissé. Notez vos dépenses par secteur et fixez-vous des objectifs par secteurs de dépense. Essayez de lire quelques livres sur la façon de gérer ses finances et de vous renseigner.

Le secret pour devenir un médecin riche

La première année après votre internat est fondamentale pour vous mettre sur la voie de la richesse. Le meilleur conseil à suivre, même s’il demande beaucoup de discipline, est de conserver au maximum le niveau de vie que vous aviez en tant qu’interne et d’utiliser tout le reste de votre salaire pour réaliser un apport conséquent pour l’achat d’une maison, rembourser votre prêt étudiant et épargner.

Choisissez bien l’endroit où vous vous installez. Le coût de la vie, les taxes, le revenu moyen des médecins et le coût de l’immobilier sont des éléments à prendre en compte et changeront beaucoup votre avenir financier.

Il est tout à fait possible de payer un apport pour une maison, de rembourser son prêt étudiant et de mettre de côté pour sa retraite dans la même année avec de la discipline et de l’organisation. Votre but ultime est de n’avoir plus qu’un emprunt à taux bas pour le remboursement de votre maison 5 ans après la fin de votre internat. Pour garder ce taux le plus bas possible, assurez-vous d’avoir un apport représentant 20 % du coût de la maison.

Si vous souhaitez optimiser votre patrimoine, commencez par rembourser vos dettes avec les taux d’intérêt les plus forts. Mettez ensuite de côté l’achat de la maison et ouvrez un fond spécifique pour votre retraite. Certains employeurs proposent ce type de produits financiers. Commencez ensuite à rembourser les dettes aux taux d’intérêt plus modérés et commencez à mettre de côté pour les études de vos enfants. Enfin, remboursez les dettes avec des taux d’intérêt plus faibles. Une fois vos dettes réglées, continuez de mettre 20 % de vos revenus de côté dans les différents fonds créés et profitez du reste.

Prévoir sa retraite

Pour prévoir sa retraite, plusieurs variables sont à prendre en compte. L’âge auquel on compte la prendre et le niveau de revenu que l’on souhaite avoir à sa retraite permettent de déterminer combien il est nécessaire d'épargner chaque année. En moyenne, pour une retraite confortable, il est recommandé d’épargner entre 15 et 25 % de son revenu chaque année.

De façon générale, il est plus intéressant d’augmenter le montant que vous épargnez que de chercher de meilleurs taux de retour sur vos investissements. Il est très rare d’obtenir des taux de retour très favorables sans prendre de gros risques. En général, un montage équilibré en matière de risque et diversifié peut permettre un retour entre 3 et 7 %. Si vous divisez le taux de retour par 72, vous obtiendrez le nombre d’années nécessaire pour doubler votre mise, ce qui vous donnera une idée de l’ampleur de la tâche. Prenez aussi en compte l’inflation : plus elle est forte, plus il vous faudra des taux élevés pour que votre argent garde sa valeur.

Vous n’aurez cependant pas besoin que vos retours sur investissements compensent totalement votre salaire actuel : vos revenus seront moins taxés, vous n’aurez plus à épargner autant, vous aurez probablement remboursé vos emprunts, payé les études de vos enfants et vous n’aurez plus besoin d’assurance professionnelle. Toutefois, il est bon de vous rappeler que plus vous commencerez à mettre de côté pour votre retraite tôt dans votre vie, moins la part que vous épargnerez devra être importante.

Mettre en place un plan d’investissements

Vos investissements peuvent se traduire en plusieurs types de produits financiers. Les actions sont des parts de propriété d’une compagnie, qui rapportent des dividendes, une part des bénéfices de la société. Un bon est un prêt fait à une entité (le Trésor américain par exemple), qui paie des intérêts chaque année jusqu’au terme du bon, où la valeur initiale du bon est rendue. Un fonds d’investissement est un groupe d’investisseurs qui achètent ensemble de grandes quantités d’actions, de bons ou de propriétés. Les fonds peuvent être managés de façon active (on cherche à maximiser les profits en ciblant les achats) ou passive (on diversifie les achats pour que les pertes soient équilibrées par les gains). Plusieurs solutions intermédiaires existent, mais gardez en tête que les managements actifs coûtent cher et que personne ne peut prévoir suffisamment l’avenir pour équilibrer ces coûts.

Gardez en tête que vous ne pourrez jamais prévoir exactement ce qui va se passer. Vous avez donc besoin d’un plan d’investissements qui vous permettent de ne pas avoir à le faire. Plusieurs types de risques existent qui peuvent entamer votre capital, mais avec de l’organisation et de la patience vous pourrez les gérer. La volatilité du marché existe, mais elle ne doit pas vous angoisser. Ne placez pas d’argent dont vous pouvez avoir besoin de façon urgente, diversifiez vos types et cibles d’investissements pour limiter les risques, gardez votre calme quand le marché est en berne, prenez du recul et ne vendez pas des investissements de long terme pour des raisons ponctuelles. La raison principale qui fait perdre de l’argent aux investisseurs n’est pas le marché, mais leur propre comportement. Apprenez à vous contrôler et à déterminer le niveau de risque que vous pouvez supporter. Ne surestimez pas votre capacité à gérer vos émotions.

Surveillez bien les coûts de vos investissements et privilégiez les fonds d’investissement gérés de façon passive, qui sont généralement moins chers et ont les mêmes taux de réussite. Faites aussi attention aux taxes qui peuvent exister sur vos investissements, et de façon générale privilégiez les produits spécifiques (plan retraite, santé, logement…) qui sont moins taxés.

Créez-vous un plan d’investissement précis et diversifié qui convient à votre niveau de risque et réorganisez vos fonds chaque année pour que leur répartition continue de suivre ce plan. Si vous conservez les rapports que vous avez pensés pour votre plan initial, y compris dans les périodes où le marché est en difficulté, vous devriez éviter les erreurs comportementales qui font réellement perdre de l’argent.

D’autres pistes d’investissement

L’immobilier peut être un autre type d’investissement intéressant, plutôt sûr et facile à contrôler. Vous pouvez gagner de l’argent par plusieurs moyens : la location (considérez qu’une fois les taxes et les frais enlevés, il vous restera 55 % du montant du loyer), les déductions fiscales et la revente à un prix plus élevé. Gardez cependant en tête que bien investir dans l’immobilier demande du temps, de l’expertise et des efforts et peut être un second travail très prenant.

Lors de l’achat de votre propre résidence, prenez bien en compte tous les frais (entretien, chauffage, etc.) pour être sûr de l’intérêt de votre investissement. Dans la mesure du possible, essayez d’emprunter moins que deux fois vos revenus annuels et assurez-vous de dépenser moins de 20 % de vos revenus bruts dans votre logement en incluant tous les frais. Dans certains endroits, ces règles ne peuvent pas être suivies, mais gardez en tête qu’il vous faudra alors faire des sacrifices à d’autres niveaux. N’empruntez jamais plus de 4 fois votre revenu annuel.

D’autres types d’investissements existent. Si vous souhaitez investir dans un projet personnel (création d’un cabinet, d’un laboratoire, etc.) gardez en tête les risques et soyez sûrs d’avoir le temps et l’énergie de gérer ces investissements.

Enfin, certains assureurs vous proposeront des produits mélangeant le principe de l’assurance avec une part d’investissement. Méfiez-vous de ces produits qui rapportent souvent moins qu’une assurance vie classique et des investissements par ailleurs.

Trouver des conseillers financiers

Un plan d’investissement simple doit vous permettre de le gérer sans avoir besoin de dégager trop de temps ou de trop d’expertise. Vous pouvez cependant souhaiter vous entourer de professionnels (assureurs, gestionnaires, courtiers, avocats) pour vous aider à gérer vos investissements. Faites toujours attention et ne leur faites jamais totalement confiance.

On voit apparaître aujourd’hui un grand nombre de « financial planner » se disant experts en investissements. Faites très attention à ce type de dénomination. Les compétences demandées pour exercer ce type de métier sont souvent très basses et les personnes ne sont pas forcément qualifiées. La plupart du temps, il s’agit surtout de vendeurs qui vont tenter de vous vendre les produits financiers qui ont le plus d’intérêts pour eux qui sont payés à la commission. Faites très attention aux conflits d’intérêts qui peuvent exister quand vous êtes face à un conseiller financier et assurez-vous que son objectif principal est de vous faire gagner de l’argent et non seulement d’en rapporter à l’entité pour laquelle il travaille. Surveillez bien les coûts des produits qu’on cherche à vous vendre par rapport à ce qu’ils vont vous rapporter. En matière d’investissement vous gardez tout ce que vous ne payez pas et, à terme, ces coûts peuvent faire une différence énorme. Considérez bien tous les frais qu’on vous propose, y compris les frais de conseil, et déterminez si vous êtes capables de vous en passer.

Le même type de conflits d’intérêts peut exister pour les agents immobiliers qui seront payés en pourcentage du prix de vente et ont donc intérêt à ce que vous payiez le plus cher possible, ou pour les assureurs. De façon générale, demandez-vous toujours comment votre intermédiaire est payé. Les interlocuteurs payés à la commission seront souvent moins fiables que ceux qui ont un tarif fixe, et réfléchissez bien à l’intérêt qu’ils ont à vous vendre un produit. Si vous engagez quelqu’un pour des conseils financiers ou la mise en place d’un plan d’investissement, essayez de payer à l’heure ou à l’année. Pour la gestion de vos biens, essayez d’obtenir un tarif fixe. Enfin, méfiez-vous toujours d’un produit qu’on tente de vous vendre à grand renfort de marketing ou de cadeaux. Un bon produit se vend tout seul.

Après quelques temps, évaluez la valeur que votre conseiller vous apporte (un plan d’investissement solide, la gestion des corvées financières, la protection contre vous-même, l'expertise, l'accès à des investissements institutionnels) et demandez-vous si cet apport vaut son tarif.

Pour choisir un conseiller, déterminez :

s’il offre les services que vous cherchez (réfléchissez bien d’abord à ce dont vous avez vraiment besoin pour chercher la personne qui peut vous l’apporter) ;

– la manière dont il est rémunéré ;

– si ses tarifs vous paraissent justes ;

– ses diplômes et certifications et vérifiez le temps de formation nécessaire pour les obtenir ;

– s’il a assez d’expérience ;

– s’il connaît ses limites et ne prétend pas pouvoir prédire l’avenir ;

– s’il ne mélange pas assurance et investissement ;

– s’il connaît les spécificités des médecins ;

– s’il a accès à des investissements institutionnels.

Les bases de la protection des biens

Les médecins sont très inquiets à l’idée de tout perdre dans des procès pour faute professionnelle alors qu’il est très rare que ces procès dépassent le niveau fixé par les polices d’assurance. Ne vous inquiétez pas trop, et gardez en tête que peu importe où vous placez votre argent, il n’existe pas de solution miraculeuse qui combine un faible taux de taxation, la possibilité de retirer son argent et une bonne protection. Renseignez-vous sur la législation de votre état pour savoir quels biens sont protégés et quels biens peuvent être attaqués lors d’un procès.

La base pour assurer votre protection légale est de rester concentré sur votre métier, de communiquer au maximum avec vos patients et de documenter le plus de choses possible. Prenez une assurance professionnelle évidemment, même quand vous comptez ne pas rester longtemps en poste, mais prenez aussi une assurance civile personnelle pour vous protéger en dehors du travail.

N’hésitez pas à faire don de certains de vos biens aux membres de votre famille pour les protéger de procès éventuels (tout en gardant en tête qu’un divorce est plus fréquent qu’une poursuite qui dépassera la limite de votre assurance). Faites attention au nom sous lequel vous inscrivez vos biens et surveillez la législation pour savoir à quel point votre résidence principale est protégée dans votre état.

Certains produits financiers peuvent être protégés contre les poursuites (notamment vos plans retraite), mais ce sont généralement les produits sur lesquels les retraits d’argent sont les plus difficiles.

Si vous investissez dans des projets personnels risqués, créez une entité juridique séparée de votre foyer pour pouvoir protéger vos biens personnels.

Enfin, n’oubliez pas que votre patrimoine a beaucoup plus de chance d’être atteint par un divorce que par un procès. Si vous êtes inquiets, envisagez un contrat de mariage pour protéger vos biens.

Gérer son héritage

L’héritage est un moment difficile et il faut prévoir la façon dont vous souhaitez léguer vos biens pour limiter les taxes et vous assurer que vos proches recevront le plus d’argent possible. Certains conseillers financiers vous proposeront des plans de gestion, mais pour le niveau de richesse accumulé par la plupart des médecins, ils ne sont pas vraiment utiles. Renseignez-vous sur les lois fiscales de votre État pour avoir une idée de ce que vos héritiers paieront. Dans la mesure du possible, n’hésitez pas à donner un maximum de biens et d’argents à vos proches avant votre mort. Renseignez-vous sur le cadre légal, mais ces dons de votre vivant seront toujours moins taxés qu’un héritage. Les lois fiscales sur l’héritage sont très différentes selon les États et évoluent beaucoup dans le temps. Il est donc recommandé de vous tenir au courant.

Toute personne ayant accumulé un peu de patrimoine ou ayant des enfants mineurs doit absolument rédiger un testament pour s’assurer que les choses seront gérées comme elle le souhaite après sa mort. Réfléchissez et spécifiez bien les personnes que vous nommez pour s’occuper de vos enfants et gérer leurs biens.

Avant que vos proches ne touchent votre héritage, votre testament doit passer par une phase d’approbation qui peut prendre entre trois mois et plusieurs années. Cette période où l’argent sera gelé peut être handicapante, mais certains produits peuvent vous permettre de léguer de l’argent en dehors de ce processus. Certains fonds vous permettent de désigner un bénéficiaire en cas de décès et lui reviendront immédiatement. Vous pouvez aussi ouvrir des trusts révocables qui permettent de mettre de l’argent de côté pour une personne sans le lui donner immédiatement.

Certains conseillers vous suggéreront d’inscrire dans votre testament vos dispositions concernant votre traitement médical en cas d’incapacité à prendre des décisions. N’oubliez pas que les testaments sont rarement consultés et qu’il est plus efficace de discuter avec vos proches et de leur donner vos instructions.

Les déclarations d’impôts

Beaucoup de médecins choisissent d’engager quelqu’un pour gérer leurs déclarations et le paiement de leurs impôts et n’apprennent jamais les critères sur lesquels ils sont imposés ni comment réduire le montant à payer. Un tiers aura toujours moins d’intérêt que vous à vous faire économiser de l’argent. Prenez donc le temps de déclarer vous-même vos impôts, au moins une fois. Vous renseigner pour optimiser votre déclaration peut vous sembler ennuyeux, mais cela peut vous permettre d’économiser des milliers de dollars sur le long terme.

Il existe deux façons d’économiser de l’argent sur vos impôts : les déductions d’impôt (de l’argent sur lequel vous ne payez pas de taxe) ou des crédits d’impôt (de l’argent directement enlevé au montant de votre impôt). Ces derniers sont plus intéressants pour vous.

Ne faites jamais de dépenses uniquement pour économiser de l’argent sur vos impôts, mais si vous envisagiez une dépense, essayez de toujours prendre en compte ses répercussions fiscales. Si vous possédez plusieurs entités juridiques, réfléchissez à celle pour qui la dépense est la plus favorable fiscalement (tout en restant dans la légalité évidemment). Surveillez aussi les taux de taxation des produits financiers que vous souhaitez acquérir. Les comptes épargne-retraite sont par exemple des produits très peu taxés qui peuvent faire économiser beaucoup d’argent.

N’ayez jamais peur des contrôles fiscaux. Considérez votre relation avec le fisc comme une négociation commerciale. Votre déclaration était une première offre, le contrôle fiscal est une contre-offre que vous fait le gouvernement. Si vous avez fait correctement les choses, vous pourrez sans problème accepter cette contre-offre, payer la différence et les intérêts et oublier le désagrément que le contrôle vous a posé, mais vous pourrez souvent négocier. Les contrôleurs ne vous obligeront pas à payer immédiatement, vous aurez toujours une autre occasion de plaider votre cause. Ne vous privez pas de certaines déductions sous prétexte qu’elles déclenchent des contrôles. Si vous avez de quoi défendre vos prétentions alors, n’hésitez pas.

Un certain nombre de zones grises existent et il est dans votre intérêt de les prendre en votre faveur (à condition évidemment de savoir identifier ces zones grises et de ne pas entrer dans l’illégalité). La plupart du temps, votre déclaration ne sera pas remise en cause. Si elle l’est, vous pourrez vous défendre et avoir profité de votre argent entre temps. Ne dépassez jamais les bornes : si la loi dit clairement que vous devez payer, payez et ne risquez pas la prison.

Choisir un statut juridique

De plus en plus de médecins choisissent le statut d’employé, sa simplicité et sa sécurité face au statut de profession libérale ou d’indépendant. Pourtant, les médecins à leur compte gagnent plus d’argent, ils gardent l’intégralité de la valeur produite par leur travail pour eux-mêmes et ne cèdent rien à un propriétaire. Seuls certains médecins salariés par les hôpitaux ont des salaires qui peuvent rivaliser avec ceux des indépendants.

Aux États-Unis, plusieurs types de statuts juridiques existent pour les médecins indépendants qui peuvent être simplement indépendant, partenaires ou propriétaires de cabinet. Il faut bien garder en tête qu’aucun de ces statuts (pas même celui de salarié) ne peut vous protéger contre une poursuite pour faute professionnelle. Quelque soit votre statut, vous êtes toujours responsable de votre travail.

En plus de revenus plus élevés, être indépendant vous permettra de choisir plus librement certains types d’avantages (mutuelle, plan retraite) qu’un statut de salarié. Vous aurez, en revanche, une charge administrative plus importante à gérer et vous devrez vous charger vous-même du règlement des taxes professionnelles.

Le statut d’indépendant ne convient qu’à une personne seule. Dès que vous avez un employé ou un partenaire, vous devez créer une entité juridique et choisir une structure légale convenant à vos besoins. Cherchez une structure qui vous permet de n’être attaquable que sur les propriétés de l’entreprise et non sur vos biens personnels.

Prenez également en compte le poids des taxes selon les différents statuts. Certaines entités vous permettent de faire passer une partie de votre revenu en salaire et une autre en bénéfice pour le propriétaire. Dans ce cas, votre intérêt est de faire passer la part la moins importante possible en salaire, tout en restant dans la limite légale et raisonnable selon votre profil et vos responsabilités.

Profiter de la vie

Si vous suivez ces recommandations, vous aurez certainement épargné suffisamment d’argent pour pouvoir profiter de votre revenu tout en vous sachant à l’abri. Vous pourrez alors commencer à dépenser une part plus importante de votre revenu et à vous faire plaisir, ou au contraire choisir de travailler moins ou dans un poste qui vous rapporte moins d’argent tout en ayant une vie confortable.

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