[ddownload id= »3006″]
Choisir l’emplacement de son cabinet : les 9 critères de sélection fondamentaux
(Article basé sur l’ouvrage Dentistry’s guide : Choosing the right location par Jayme Amos)
Le choix du lieu d’implantation d’un nouveau cabinet, qu’il s’agisse d’une première installation ou d’une délocalisation, est un facteur crucial de sa réussite indépendamment de la qualité du praticien. Le choix d’un quartier par rapport à un autre à quelques rues de distance peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros par an sur votre chiffre d’affaire, et influer à hauteur de centaines de milliers d’euros de plus ou de moins sur votre retraite à venir. C’est pourquoi cette décision ne doit jamais être le fruit d’un caprice émotionnel ni d’une réflexion partielle, mais naître d’un plan méthodique et exhaustif qui ne négligera aucun aspect du sujet. Dans cet ouvrage de référence, Jayme Amos, loueur, promoteur et négociateur immobilier spécialisé dans les cabinets médicaux et dentaires, résume en neuf points les considérations indispensables au choix de l’emplacement d’un cabinet pour faciliter tant son implantation qu’un succès rapide et surtout, durable.
#1 : La démographie
Jayme Amos résume en 12 éléments-clefs la « check-list » des premières données indispensables à la réflexion, qu’il convient de prendre en compte préalablement à toute considération d’installation. Si certains points peuvent être considérés comme de simples informations utiles qu’il est bon de connaître, d’autres constituent des impératifs absolus devant peser majoritairement dans la décision.
Le nombre d’habitants
Le nombre d’habitants à prendre en compte doit être soit celui de la ville envisagée, soit s’il d’agit d’un village ou d’une installation en périphérie, le nombre d’habitants dans un rayon de cinq kilomètres autour du cabinet. Le strict minimum acceptable est de 2 000 habitants et ce, si vous êtes le seul dentiste, puisqu’il faudra tenir compte du crucial ratio « nombre d’habitants par dentiste » qui sera abordé en fin de liste.
La projection démographique à un an
Il est important de connaître les taux d’augmentation de la population passés et prévisibles à venir, leur régularité et leur importance. Un taux négatif (population en baisse) est à proscrire, puisqu’il témoigne d’un désintérêt et d’une délocalisation progressive des habitants, c’est-à-dire de vos futurs patients. Un taux nul (population constante) doit faire l’objet d’une profonde réflexion quant aux raisons pour lesquelles la ville ou le quartier n’attire pas de nouveaux habitants.
La projection démographique à cinq ans
Il est dans la même logique important de pouvoir anticiper ces phénomènes démographiques sur les cinq premières années de votre pratique, déterminantes dans le succès ou l’échec de votre entreprise et souvent délicates, notamment en tenant compte des nouveaux facteurs d’attractivité envisagés par la ville (construction d’hôpitaux, de complexes commerciaux, développement des transports et des infrastructures…)
La projection démographique à dix ans
Toujours dans la même optique, il est également bon de se projeter aussi loin que possible, afin d’évaluer la valeur de votre cabinet à mesure que vous vous rapprocherez de sa vente et de votre retraite, ou si vous envisagez de louer, de partager ou d’étendre votre affaire à l’avenir. La valeur de la simple entité physique concrète de votre cabinet si vous optez pour l’achat du local professionnel pèsera lourd dans la valeur globale de votre affaire, en tant qu’actif principal. Vous devez vous assurer de ce que cette valeur augmente avec le temps.
Le revenu per capita (ou revenu par habitant)
Il s’agit cette fois d’approfondir les données démographiques par des éléments socio-économiques, en commençant par la mesure du revenu moyen par habitant. Ce chiffre s’obtient en divisant le revenu total de la ville par le nombre d’habitants. Ce montant doit être supérieur à la moyenne régionale, qui est elle-même de préférence égale ou supérieure à la moyenne nationale (ces données peuvent aisément être trouvées en ligne auprès des sites dédiés comme celui du Service public, de la Vie publique, de l’INSEE…)
Le revenu des ménages
Il s’agit cette fois de diviser le revenu total de la ville par le nombre d’adresses administratives, afin de déterminer le revenu moyen par foyer fiscal. Ce chiffre doit également être supérieur ou égal à la moyenne régionale. Cela permet du même coup de se faire une idée de la tendance globale de la ville ou du quartier : majorité de familles nombreuses, de couples d’actifs avec ou sans enfants, de célibataires, de retraités ? Cette donnée sera analysée à la lumière de votre pratique et de vos spécialisations (une ville avec un ratio inférieur à 2,1 personnes par adresse par exemple, c’est-à-dire la moyenne de foyers en construction, ne sera pas forcément propice au développement d’une pratique axée sur l’orthodontie et la dentisterie pédiatrique, puisque témoignant d’une probable forte présence de foyers de célibataires ou de retraités et de l’absence d’enfants en général des foyers.)
Le revenu disponible
En se basant sur le revenu moyen et le coût de la vie à échelle locale, il faut à présent évaluer le revenu réellement disponible par habitant. En effet, un revenu moyen élevé peut être miné par une cherté du logement et du transport par exemple, comme c’est le cas pour la majeure partie de Paris par exemple, réduisant drastiquement le revenu effectivement « dépensable » par les habitants et foyers, et influant sur les possibilités de développement de votre activité sur des aspects « non vitaux » de la pratique dentaire comme l’esthétique, la vente de produits complémentaires…
L’accessibilité
Le réseau de transports en communs, l’accessibilité et la mobilité sont des facteurs qu’il est important de prendre en compte, notamment en rapport avec la démographie. Le manque de routes, de transports publics, l’absence de gares, une vétusté ou une insuffisance des infrastructures peuvent être à l’origine d’une démographie en baisse ou entraîner des délocalisations des travailleurs, pour se rapprocher des sources d’emploi.
L’âge moyen de la population
L’âge moyen de la population est bien évidemment un facteur à prendre en compte, afin d’être cohérent avec ses spécialités (on n’installe pas un cabinet dédié à l’orthodontie pédiatrique dans une ville à dominante de retraités par exemple) et ses objectifs (selon qu’on entend privilégier les nouveaux patients ou miser plus lourdement sur la fidélisation à long terme).
Propriétaires et locataires
Il s’agit d’évaluer le pourcentage de propriétaires et de locataires occupant effectivement les logements dans la ville ou le quartier envisagés. Un environnement présentant un fort taux de propriétaires occupant leur bien indique notamment une sédentarisation plus ancrée et permet d’anticiper moins de départs des habitants à l’avenir, c’est-à-dire une plus grande stabilité de la patientèle à venir.
Le taux d’emploi
En lien direct avec les données relatives aux revenus, le taux d’emploi du quartier par rapport à la ville, et de la ville par rapport aux moyennes régionale et nationale sont bien évidemment des chiffres à connaître avant toute implantation. La nature des emplois est également un facteur économique à prendre en compte pouvant influer sur les départs d’habitants à moyen et court termes (nombre de fonctionnaires, type de fonction publique, durée dominante des contrats déterminée ou indéterminée, présence de pôles d’intérim ou d’intermittence, fermetures ou ouvertures de grandes entreprises ou usines à prévoir…). On favorisera bien sûr les lieux accueillant une fonction publique territoriale nombreuse, ou des entreprises implantées durablement au turn-over peu important, et un taux d’emploi supérieur ou au moins égal à la moyenne nationale.
Le ratio habitants par dentiste
Il s’agit probablement du critère le plus important lorsqu’on choisit son lieu d’implantation. Il ne s’agit pas seulement de connaître le nombre de confrères concurrents dans une zone donnée, mais de calculer le nombre moyen d’habitants par dentiste, plus représentatif du vivier potentiel de patients sur lequel vous pourrez tabler. Amos estime que ce chiffre doit être supérieur ou égal à 2 000, considérant que 1 000 patients sont un minimum pour assurer la réussite d’un cabinet à long terme, et qu’une personne sur deux ne procèdera pas au traitement ou au suivi dont elle a besoin. Si ce critère n’est pas rempli, envisager sérieusement l’implantation malgré tout exigera une étude approfondie des autres éléments démographiques et possibilités (tarifs pratiqués, partenariats avec les mutuelles, probabilités réelles des projections à un, cinq et dix ans…). Par ailleurs il devra être étudié en rapport avec un autre aspect qui sera évoqué en #3 : les implantations de nouveaux cabinets concurrents à prévoir.
Ainsi, l’emplacement idéal selon Amos devrait satisfaire à au moins dix de ces douze facteurs, incluant impérativement le dernier, et ce préalable servir de base de sélection systématisée lorsque plusieurs situations sont envisagées simultanément. Mais il s’agit bien d’un préalable, et de nombreux autres critères vont devoir être étudiés avant de se décider.
#2 : La clause de non-concurrence
Il existe bien évidemment des dizaines d’autres aspects légaux à envisager lors de la création d’un cabinet comme de toute entreprise (forme juridique, nature des contrats, responsabilité, assurances…), mais Amos a choisi de rappeler cet aspect parfois curieusement négligé lors du choix du lieu d’implantation au grand détriment du praticien. Si l’ouverture de votre cabinet fait suite à une collaboration en tant qu’associé ou intervenant dans un autre cabinet, même à titre d’étudiant, il est impératif, afin d’éviter toute mauvaise surprise en la forme d’un procès pour concurrence déloyale ou non-respect de la clause de non-concurrence de votre précédent contrat ou accord, de connaître et de respecter les conditions posées par vos précédents employeurs ou partenaires, et que vous avez approuvées de fait en signant ledit contrat ou accord. Il est également bon de rappeler que l’article R 4127-277 du Code de la Santé publique formalise cette obligation même à défaut de mention au contrat, puisqu’il dispose : « Le chirurgien-dentiste ou l’étudiant en chirurgie dentaire qui a été remplaçant ou adjoint d’un chirurgien-dentiste pour une durée supérieure à trois mois consécutifs ne doit pas exercer avant l’expiration d’un délai de deux ans dans un poste où il puisse entrer en concurrence avec ce chirurgien-dentiste, sous réserve d’accord entre les parties contractantes ou, à défaut, d’autorisation du conseil départemental de l’ordre donnée en fonction des besoins de la santé publique. » Méconnaître ou ignorer cette limitation légale peut entraîner des conséquences désastreuses pour un jeune cabinet, son budget (en cas d’obligation de départ, d’amende ou d’indemnisation) et sa réputation.
#3 : Les nouveaux cabinets concurrents
Les données démographiques sont on l’a dit, en constante évolution, et la projection concernant le ratio habitants par dentiste doit tenir compte des créations de cabinets dentaires en cours ou à prévoir. Il est notamment impératif d’entretenir son réseau dans les milieux immobiliers et administratifs afin d’avoir accès aux informations indispensables à vérifier la faisabilité de votre projet : combien de dentistes ont récemment acheté ou loué des espaces en passe d’ouvrir à proximité ? Combien de dentistes locaux sont proches de la retraite et ainsi susceptibles de vendre leur cabinet à des confrères plus jeunes ou susceptibles de s’étendre ? S’il n’existe pas de centres dentaires ou complexes hospitaliers à proximité, est-ce prévu et à quel terme ? Non seulement ces informations modifient le ratio habitants par dentistes, mais en outre il n’est jamais bon pour l’attrait de la nouveauté et la publicité engendrée par une ouverture de cabinet de n’être pas la seule « nouveauté » du lieu. Vous perdrez en impact et en curiosité si deux ou trois autres dentistes nouveaux-venus s’installent en même temps que vous à proximité.
#4 : Les opportunités de reprise
Parmi les données évoquées au point précédent, une information peut vous servir d’une façon différente. Il s’agit de l’âge des confrères et de l’ancienneté des cabinets historiques de la ville ou du quartier. En effet, la reprise d’un cabinet existant, bénéficiant déjà d’une patientèle établie, régulière et fidélisée à convaincre de rester plutôt que de devoir la fonder de toutes pièces peut être une opportunité à ne pas négliger. Cela peut également alléger les formalités légales ainsi que le montant et la durée des travaux d’aménagement, voire ceux de l’acquisition du matériel, puisque le local repris sera déjà un cabinet dentaire qu’il ne restera plus qu’à réaménager. Il conviendra toutefois dans cette hypothèse de ne pas vous focaliser uniquement sur le chiffre d’affaire du cabinet ou votre impression du confrère, mais de tenir compte de l’ensemble des facteurs externes pouvant menacer cette reprise comme une mauvaise réputation dont le dentiste n’est pas conscient, une image vétuste ou dépassée qu’il faudra combattre, une patientèle ne correspondant pas à vos spécialités…
#5 : Le marché local (immobilier et taxes)
Amos évoque ici deux aspects majeurs à prendre en compte lors de l’acquisition d’un cabinet : l’état du marché immobilier d’une part, et le montant des taxes locales afférentes d’autre part.
Concernant le premier point, il s’agit bien évidemment de pouvoir répondre à plusieurs questions qui vont de soi, sans en oublier une seule :
– le prix du bien est-il conforme aux prix pratiqués dans cette zone à bien équivalent, ainsi qu’aux prestations réelles qu’il affiche ?
– la tendance du marché dans ce quartier est-elle à la hausse ou la baisse ? Depuis combien de temps ?
– qu’est-ce qui explique cette tendance, et cet état de fait va-t-il se maintenir / s’aggraver / s’améliorer ? (gentrification d’un voisinage, autres constructions bénéficiant ou nuisant à la démographie comme un hôpital ou une prison, dégradation ou reprise de l’emploi, tout ce qui peut influer sur la valeur à long terme du bien indépendamment de l’activité exercée).
Pourquoi ces questions ? Parce qu’il s’agit d’anticiper sur le long terme et pas seulement d’envisager la création et l’exploitation de votre cabinet. En effet, il vous faudra un jour prendre votre retraite et vendre soit votre affaire en tant que telle, soit le local lui-même. Il est donc primordial de connaître l’ensemble des tenants et aboutissants influant sur les prix de l’immobilier actuellement à cet endroit, et de s’assurer du maintien de la valeur du bien ou de son augmentation pour les années à venir.
Il en va de même concernant les taxes afférentes à votre situation et à votre activité, soit au minimum les taxes foncières, impôts locaux et taxes professionnelles pratiquées dans ce quartier, puisque ce poste de budget ne sera jamais dépendant de votre réussite mais fixe et inévitable. Ne négligez aucun facteur ni aucune taxe ou possibilité de réduction (montant moyen de la CFE au m², présence de zones franches ou soumises à dispenses…) Des économies substantielles sur cet aspect fiscal peuvent parfois être réalisées en optant pour une implantation à une rue ou un immeuble près, et chaque économie représente concrètement un gain pour votre bénéfice net.
#6 : Les dangers de la location
La question d’opter pour l’acquisition des murs de votre cabinet ou pour leur location se pose, et y répondre va dépendre de nombreux facteurs qui vous sont bien souvent personnels (budget, projets futurs de sédentarisation ou de mobilité…). Amos ne prétend pas remettre en question les choix de chacun en la matière, et à son sens il n’existe pas de « meilleure solution » mais des préférences. En revanche, la location présente certains dangers qui sont trop souvent méconnus ou sous-estimés par les professionnels et qui n’existent pas dans le cadre d’un achat. Le bail professionnel (différent du bail commercial) en France est d’une durée minimale de 6 ans, et renouvelé tacitement à chaque expiration de période pour une période identique. Au-delà du risque premier et évident d’être contraint de quitter les lieux pour toutes sortes de raisons indépendantes de votre volonté et auxquelles vous ne pourrez rien opposer (non-renouvellement du bail pour usage personnel par le propriétaire, vente du bien, liquidation de succession…), le danger principal réside dans le pouvoir et les leviers de pression potentielle que vous remettez entre les mains du propriétaire du local à la signature d’un bail. Par exemple, certains baux soumettent la transmission, la sous-location ou la vente de l’affaire à l’approbation préalable du propriétaire, ce qui peut se révéler extrêmement problématique en cas de délocalisation ou d’extension de votre activité, ou au moment de votre départ en retraite. Vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez de votre cabinet ni vendre à qui vous le souhaitez sans qu’un tiers, souvent étranger à votre secteur professionnel, n’ait pourtant son droit de véto. Il en ira de même pour toute sous-location d’espace ou partenariat. Il faut également se méfier des clauses censément « type » relatives par exemple au volume sonore ou aux heures d’ouverture qui pourraient offrir une brèche légale à votre propriétaire en cas de litige si elles ne correspondent pas à la réalité de votre pratique qui vous est présentée comme « tolérée » par le propriétaire (par exemple, le bail stipule que les horaires d’ouverture au public autorisés par le local vont jusqu’à 18H00 mais vous fermez à 18H30 ou 19H00). Vous ne devez signer que ce qui correspondra à la réalité. De même, il est important de définir et de formaliser dans le bail au préalable toutes les possibilités et restrictions quant aux travaux et modifications effectuables, à la répartition de la prise en charge de l’entretien des locaux ou aux recours légaux en cas de désaccord et à leur impact sur la validité du bail et votre maintien dans les lieux. La location, si elle n’est ainsi pas en soi à proscrire, doit faire l’objet d’un redoublement d’attention quant aux conditions la régissant et au devenir de ces conditions à long terme.
#7 : Le taux de remboursement des mutuelles locales
Il peut être intéressant d’effectuer une étude de marché des mutuelles les plus répandues sur votre lieu d’implantation envisagé, puis de déterminer lesquelles ont les meilleurs taux de remboursement ou sur quels soins les plus populaires de ces mutuelles présentent les meilleurs taux. Sachant qu’en France la Sécurité Sociale ne prend pas du tout ou peu en charge certains traitements comme l’orthodontie pour adultes ou les implants, il peut être bénéfique de réaliser des partenariats avec ces mutuelles à forte implantation dans votre secteur géographique, afin de pouvoir attirer de nouveaux patients sur ces traitements, qui seront à la fois plus accessibles et bénéfiques pour vos patients, vous posant ainsi en quelque sorte en « sauveur » en leur permettant l’accès à des soins dont ils n’avaient pas conscience de pouvoir bénéficier, et en même temps rentables pour votre cabinet. Ces partenariats sont notamment très intéressants dans les villes dominées par un « employeur » principal à mutuelle unique (arsenal, port de commerce, grande entreprise ou usine…) et avec les administrations et institutions locales (mairies, universités…).
#8 : L’agent immobilier
La recherche d’un local professionnel ne devrait pas se faire de façon autodidacte. Il ne s’agit pas de louer un studio pour les vacances, il s’agit du lieu dans lequel vous allez investir la majeure partie de votre budget et passer l’essentiel de votre vie pour de nombreuses années. Votre cabinet est votre premier outil de travail. Vous, vous êtes dentiste, pas agent immobilier, et il n’est ni nécessaire ni même judicieux de vous charger de cette casquette supplémentaire. S’il est important de définir ce que vous voulez sans vous laisser influencer, il est ainsi tout aussi important d’être accompagné dans ce processus par quelqu’un dont c’est le métier, un professionnel qui saura lire entre les lignes et rétrécir le champ de vos recherches. Vous ne choisiriez pas un médecin ou un dentiste sur la seule base d’une sympathie ou d’une « bonne impression ». Il est ainsi primordial de trouver le professionnel de l’immobilier qualifié qui saura soutenir votre démarche avec son expérience et son réseau. Plus concrètement, assurez-vous que l’agent retenu est de préférence spécialisé dans la recherche et la négociation de biens à usage professionnel, et idéalement qu’il a déjà eu l’opportunité de travailler pour plusieurs dentistes et autres professionnels de santé (au moins dix de l’avis d’Amos).
#9 : Les accessoires psychologiques et émotionnels
Ce critère final va regrouper l’ensemble des éléments qui, trop souvent, sont considérés en premier plutôt qu’en tant qu’accessoires. S’ils sont importants du point de vue émotionnel (pour l’acquéreur) et psychologique (pour les futurs patients), ils doivent toutefois venir comme un bonus ou un facteur de décision entre des emplacements remplissant les autres critères et non comme moteurs principaux du choix. Toutefois, au moins trois de ces six éléments sont pour Amos un minimum d’exigence pour mettre toutes les chances de réussite de votre côté.
Des lieux symboliques
Il peut être intéressant de trouver un emplacement proche d’un bâtiment public ou monument pouvant servir de repère, rendant votre cabinet plus facile à trouver pour les patients et l’intégrant dans le paysage familier des prospects (mairie, stade, palais de justice, port, monuments connus de la ville comme certaines statues, parc, gare…). Cette localisation peut même être utilisée dans la création de l’identité du cabinet si vous n’optez pas pour votre nom propre (cabinet de la gare, cabinet du port…). Un quartier renommé ou symbolique peut également faire office de repère à défaut de bâtiment concret.
Un feu de signalisation
C’est un élément auquel on ne pense pas toujours instinctivement, mais transposez-vous dans votre véhicule lorsque vous circulez : lors des arrêts imposés aux feux de signalisation, surtout un peu longs, ne regardez-vous pas par réflexe autour de vous ? N’est-ce pas ainsi que vous avez découvert certains lieux ou professionnels qui vous ont interpellés ? Garages, restaurants, boutiques de toutes sortes peuvent être dénichés hors de votre zone de confort de cette façon, il n’y a pas de raison qu’un cabinet dentaire ne puisse être découvert de la même façon. Un feu de signalisation offrant une visibilité sur l’existence de votre cabinet peut ainsi être un atout, sous réserve que la signalétique adaptée soit mise en place afin d’en tirer avantage.
La signalétique
Que vous bénéficiez de la présence d’un feu de signalisation ou pas, vous devez quoi qu’il en soit être visible de la rue ou de la route. Plaque, enseigne, emblème, panneau, le support de votre signalétique dépendra des possibilités de votre environnement et des autorisations afférentes, et ce critère de possibilité doit être anticipé lors de la recherche d’emplacement. Les informations minimales qui devraient être visibles pour une signalétique efficace sont au moins le nom du cabinet, sa spécialisation en deux mots, le numéro de téléphone auquel il peut être joint et l’adresse de son site Internet. Une évidence, qu’il est toutefois bon de rappeler compte tenu des impairs curieusement souvent commis sur ce type de support : la mention « dentiste » ou « cabinet dentaire » doit bien évidemment être la mention la plus visible de votre message ! Sur la forme, Amos recommande avec humour d’être « ennuyeux ». Il ne s’agit pas de réaliser une œuvre d’art ni de risquer de détourner l’attention du passant du fond vers la forme, mais de fournir dans les quelques secondes que dure le regard d’un passant ou d’un automobiliste occupé à autre chose des informations utiles et faciles à retenir. Une couleur de police sombre sur fond clair pour la lisibilité est recommandée, de même que la mention de votre spécialité ou d’une information attractive (toutes mutuelles bienvenues, ouvert le samedi…) plus colorée pour attirer l’attention et être mémorisée.
Une proximité hospitalière
Une autre solution mise en place avec succès par certains dentistes est l’installation en clinique, en hôpital ou en centre médical, ou à proximité immédiate de ces infrastructures. Si cette possibilité est moins développée en France qu’aux États-Unis et pas aux mêmes conditions, il s’agit toutefois d’un mode d’exercice en voie de développement ces dix dernières années principalement au sein des CHU, comme à Rouen ou plus récemment à Poitiers, et qui rencontre un franc succès populaire. Cette pratique, au moins durant les premières années d’exercice ou en période de remise en question ou de « creux », peut permettre de voir beaucoup plus de patients qu’en cabinet seul et n’est pas incompatible avec la tenue d’un cabinet privé en sus dans la ville, vers lequel pourront se tourner facilement les patients reçus à l’hôpital pour un suivi plus poussé après leur urgence. En outre, la possibilité de premiers contacts avec ce large panel de prospects ayant réellement besoin de soins que suppose ce type de pratique, et l’opportunité de se forger une patientèle et une réputation en partant de zéro et sans investir lourdement dans la communication et la publicité pour les plus jeunes dentistes, sont des avantages à ne pas négliger.
Le stationnement
Le stationnement peut se révéler un facteur déterminant de choix d’un praticien pour les patients, surtout en centre-ville. Entre deux cabinets à compétences, réputation et modernité égales, le prospect qui connaît sa ville choisira immanquablement celui qui offre une possibilité de stationnement facile et proche. Une facilité de stationnement est également un souci de moins pour vous-même et vos collaborateurs, et une source de stress de début de journée qu’il est bon d’éliminer. C’est pourquoi il est important de prendre en compte cet élément dans vos prospections, et de vous assurer soit de l’existence d’espaces de stationnements réservés (lors d’une installation dans une résidence par exemple) ou suffisamment nombreux dans les alentours immédiats du cabinet, soit de l’existence proche d’un parking qui dispose en permanence de places disponibles (centres commerciaux, parkings souterrains, parkings de plages…). Suivant la situation du local professionnel, sa nature, les autorisations afférentes et votre budget, si celui qui retient votre attention ne remplit pas ce critère, il peut même être envisagé d’investir vous-même dans la création ou la location de quelques places de stationnement réservées aux alentours immédiats.
Le standing et l’apparence de l’immeuble
Enfin, s’il ne doit pas s’agir de la considération principale lors de l’acquisition d’un espace de travail, il est inutile de nier que l’impression purement subjective que nous fait un bâtiment est importante, tant du point de vue de l’acquéreur, puisque c’est l’endroit où vous allez passer le plus clair de votre temps dans les années à venir, que du point de vue de vos futurs patients, puisque c’est le standing et la beauté de l’endroit qui les impactera avant même de vous rencontrer. Prêtez ainsi attention à l’état de la façade du bâtiment où se trouve le local, à l’ambiance du quartier et de la rue où il se situe, à la propreté et à l’esthétique des locaux dans leur globalité (cage d’escalier, boîtes aux lettres, ascenseurs…). Renseignez-vous sur le voisinage, les nuisances éventuelles liées au bruit ou aux odeurs, à la fréquentation ou à la réputation…
En conclusion, Amos rappelle que bien évidemment, il est difficile (mais pas impossible !) de dénicher le local idéal satisfaisant à l’ensemble de ces critères de sélection. Ils doivent toutefois être tous envisagés et évalués, et les renoncements ou compromis sur les points qui seront laissés de côté être mûrement réfléchis. Le professionnel de l’immobilier indispensable au soutien de cette démarche que vous aurez choisi sera là pour vous faciliter les choses, qu’il s’agisse de la recherche elle-même ou des démarches administratives une fois votre emplacement en vue. Trouver son lieu d’implantation est la première étape vers la fondation d’un cabinet marqué du sceau de la réussite, et doit donc faire l’objet de toute votre attention et de toute votre motivation. L’étape suivante sera bien évidemment de concevoir l’agencement et l’organisation de votre cabinet lui-même, pour une optimisation de son potentiel et une pratique sereine et cohérente dès le départ.